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En quête de l'ermite [Ft. Nashoba]

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Nashoba Octoahnacto
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Sam 22 Sep - 18:08





Enfin, un peu de calme. Face aux affrontements verbaux qui venaient de se produire, il ne pouvait que savourer ce moment où seuls se faisaient entendre le bruits du bois qu'on taille et les cris des divers animaux nocturnes.

“Effectivement, vous êtes bien naïf, je pourrais mentir sur mon identité, jouer les faible face à l’ours pour mieux vous embobiner et, qui sait, vous assassiner, mais vous m’avez accueillie très facilement, malgré mon intrusion. Je vous croyais à la hauteur de votre réputation, voilà mon échec. Me voilà bien déçue, je n’imagine pas ce qu’il en est de vos compétences ! “

Il n’avait écouté que d’une oreille son discours, avant sa “fuite”, car il n’avait plus eu d’autre intention que de s’isoler. Y réagir aurait été à l’encontre de ce désir. En revanche, maintenant qu’il s’était détendu, il pouvait de nouveau y réfléchir sans risquer d’exploser.
C’était proprement vexant, mais, finit-il par se dire, n’était-ce pas mérité ? Il n’était pas idiot. Cette femme n’avait pas joué la comédie, face à l’ours. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais visiblement, l’un comme l’autre n’avaient pas lésiné sur la mauvaise foi. Nashoba assimila la demoiselle et lui-même à deux gamins se disputant pour une broutille. Son sang était encore chaud, mais il ne pouvait nier cela.

“Je ne prétends pas dire que l’argent et l’opulence rend heureux, cela dépend des personnes. Cependant vous ne me connaissez pas : j’ai un jour tout perdu, connu le manque total et la simplicité absolue de la vie. Je suis plus heureuse et épanouie aujourd’hui, mais cela dépend des personnes. Moi, à la différence de vous, je ne prétends pas convertir les autres à mon mode de vie, je suis « to-lé-ran-teu », articula-t-elle ironiquement, un mot que vous semblez ignorer, tout comme la politesse, asséna-t-elle verbalement avant de conclure : enfin, je vous serai grée de ne pas me sous-estimer, Nashoba Octoahnacto, ce serait un autre échec de votre part.”

Il s’arrêta un moment, réfléchissant. Sur le coup, il avait pris sur lui pour ne pas répondre (par une réplique cinglante ou un coup autrement fatal). Mais il fallait admettre que cela avait grandement blessé son ego. Il comprenait un peu mieux pourquoi, maintenant qu'il y réfléchissait à froid : elle avait raison pour la majorité et, lui, avait tort. Son sang s'échauffa quelque peu, et il se remit à tailler nerveusement. “Tolérante”, est-ce que c’était une qualité, d’abord ? Accepter que les gens se traînent comme des larves, c'était ça qu'il fallait faire ? Plus il y réfléchissait, moins il parvenait à avoir des arguments claires. Ce qu'il assimila bien, en revanche, c'était le caractère hautement irritant de se faire faire la moral par une telle peste. Et le pire, c'est qu'il ne pouvait pas la contredire : il s'était vraiment trompé sur son compte. Il continua de tailler le bois, cherchant à diminuer la tension de tout son corps.

Quelques minutes s'écoulèrent, et il se calma pour de bon. Son dos le lançait, mais comme à son habitude, il l’ignora. Il continua de tailler son bout de bois, qui adoptait maintenant une forme ronde, lisse et irrégulière. Il songeait toujours à la précédente et houleuse discussion. Au moins, il pouvait être fier de sa dernière réactions. Plutôt que d’alimenter ce débat sénile, il était parti le temps de se calmer. Si ce n’était pas une preuve de maturité ! Mais par tous les dieux, ce que ça avait été difficile ! Il n’était vraiment pas fait pour être avec des gens. Chaque conversation menait presque systématiquement à une petite contrariété si elle ne restait pas professionnelle et conforme la vision qu'il avait. Être courtois, polis, lèche-botte, ce n’était clairement pas fait pour lui. Aussi, qu’il parvienne à se détacher ainsi d’un conflit était pour lui une grande évolution. Il continua à tailler, perdu dans ses pensées. Comme le silence faisait du bien. Il allait avoir la nuit pour réfléchir et se remettre de ses émot-....

La porte s’ouvrit à la volée. Et merde … Cette gourde ne pouvait-elle pas lui laisser une seule seconde de tranquillité ?! Tout le recul qu’avait pris Nashoba s’effaça instantanément et ses épaules se tandîrent à nouveau. La voix de la demoiselle retentit dans sa cabane, un peu plus irritante à chaque mot qu'elle prenonçait.

Il se retourna vivement, hors de lui.

« Vous êtes pas possible vous !! J’dois faire quoi pour que vous me laissiez tranquille ne serait-ce qu’une petite heure ?!!!  »


Se calmer, se calmer ! Vite, vite ! Être mature… Être ...
Il avisa la brèche qu’avait creusé l’impact de la porte, reporta son regard sur elle, puis regarda de nouveau la brèche. Puis elle. Puis la brèche. Puis elle. Montée de colère. Il pointa la brèche du doigt.

« ET ÇA C’EST QUOI?!!! VOUS POURRIEZ FAIRE ATTENTION ! JE VOUS LOGE, BORDEL !  »







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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Ven 28 Sep - 16:35

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
La marchande essuya la première colère de l’homme sans mal, ni elle ni lui n’avaient encore constaté l’ampleur des dégâts, mais il était déjà proche de l’explosions, ses traits tirés par la colère et la tension.

— Je -

Elle s’interrompit en suivant le regard de l’ermite.

« Oups. »

C’est ce que pensa immédiatement Lenorian. Elle avait fait une grosse boulette, là, et n’était pas sûre de pouvoir s’en sortir par la simple parole. Croisant les bras dans le dos, comme si elle était innocente, elle détournait le regard de la brèche et de son énervé interlocuteur. Voilà qui n’allait pas arranger les négociations. Avec un sourire crispé sur le visage, elle osa regarder le propriétaire du cabanon. Elle aurait mieux fait de s’abstenir, on aurait dit un buffle croisé avec un hareng. Bouche-bée, il observait le résultat de la bêtise de la marchande avec une tension bien visible.

La marchande eut un instant peur qu’il ne la jette par-dessus la cabane pour la livrer à la forêt nocturne.

Plissant les yeux lorsqu’il s’emporta à nouveau, Lenorian ne savait pas vraiment quoi répondre à ça. Choisissant, la mauvaise foi, elle éclate d’un rire faux un peu trop aigu avant de reprendre un air sérieux en examinant la brèche dans le mur en silence.

— Ça, monsieur, c’est un trou dans un mur, affirma-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine tout en le prenant de haut. Vous y voyez mal, peut-être ? Par Ogbin que votre abri est fragile, il faudrait songer à le renforcer…

Puis ses yeux roulèrent dans leur orbite tandis qu’elle agitait la main comme pour dissiper la tension ambiante. Elle changea d'attitude, retroussant légèrement les commissures de ses lèvres en une mine conciliante.

— Allons, allons, vous savez bien que ce n’était pas volontaire.

S’éclaircissant la gorge, elle fait un pas vers l’homme furibond et ne le laissa pas le temps d’en placer une ; elle reprit donc rapidement :

— Pardonnez-moi, mais je me suis précipitée ici parce que je vous ai entendu travailler. J’ai toujours une offre à vous faire, et elle concerne votre art en vérité. J’ai eu vent de vos compétences, de ces petites choses de bois que vous créez, et je voudrais permettre à plus de gens d’Ijọba d’avoir accès à vos produits ouvragés.

Tendant à son tour un doigt vers son hôte, elle s’écrie presque, à court de souffle :

— En outre, je voudrais commercer vos créations, vous en auriez une part plus que raisonnable, sauf si vous refusez toujours les coquillages, bien sûr, ajouta-t-elle avec un sourire.

La marchande marqua une pause et baissa sa main.

— Je suis navrée de l’état de votre mur, mais je suis certaine que quelqu’un comme vous pourra réparer ça en un tour de main ! s’exclama-t-elle d’un air enjoué.

Lenorian n’osa pas lui proposer un dédommagement en coquillages, de peur qu’après l’avoir jeté du haut de la cabane il ne lui vide du gibier dessus, histoire d’attirer les prédateurs environnant. On n’est jamais trop prudent avec les reclus.

Elle voulait le mettre au pied du mur, mais risquait bien de se faire elle aussi piéger par ses propres bêtises. Elle attendit la réponse de son interlocuteur en le fixant droit dans les yeux d’un air décidé. Elle remporterait à tous prix cette guerre puérile.
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Ven 19 Oct - 23:43





La demoiselle éclata de rire, ce qui eut l’effet de faire gonfler l’intégralité de ses veines au niveau de la tête de Nashoba. Elle décida d’ailleurs que ce n’était pas suffisant, et renchérit avec une petite pique concernant ses potentiels problèmes de vue, et la fragilité de son abri. L’ermite vit rouge. Rouge qui était, d’ailleurs, tout à fait visible sur l’intégralité de son visage.
Son abri était PARFAIT. C’était elle, cette courge, qui avait trop forcé sur la porte !!! La délicatesse n’était-elle pas censée être l’apanage des femmes ? Ou alors celle-ci descendait-elle non pas de la femme mais de l'éléphant ?!

Seulement ladite éléphante désamorça la situation en montrant que non seulement, ses précédents dires n’était qu’une simple touche d’humour, et de plus, qu’elle était désolée. L’égo de Nashoba descendit donc d’un étage, et son teint rouge vira vers le rose. Elle lui expliqua ensuite pourquoi elle avait défoncé son mur, ce qui expédie l'ego au rez-de-chaussée, et le rose, vers une teinte plus rose du tout.

Elle parla… Beaucoup…
Bizarrement, cette fois, il ne se sentit pas irrité par la proposition. Pire, il commençait à être intéressé. Peut-être était-ce leur dernière altercation qui l’avait convaincu que Lenorian était un poil plus méritante qu’il ne l’avait cru. (Même s’il prenait soin d’oublier qu’il l’avait définitivement mal jugée). Ou peut-être encore était-ce l’acharnement de la marchande qui témoignait au moins d’une volonté indéniable ? No se.
Par contre, elle n’allait pas s’en sortir si facilement ! Peut-être- et il insistait bien sur le PEUT-ÊTRE- qu’il accepterait ce marché. Mais il refusait de le faire sans conditions.

« Je suis en effet à-même de réparer ça, mais je refuse de réparer VOS conneries. Vous réglez ça de vos propres mains, et là, peut-être que je réflechirai à votre proposition.  »


Il se retourna et reprit son travail de sculpture.

« Ceci dit, je ne serais pas contre quelques coquillages. De plus, il y a des matériaux à Isokan qui me seraient bien utiles de faire importer ici.   »


Son petit bout de bois commençait à prendre doucement forme. Pour l’instant, cela collait assez bien à l’image mentale qu’il avait constituée.

« M’enfin, il est tard, et les trous dans les murs, ça m’empêche de réfléchir.   »





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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Sam 27 Oct - 1:16

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
Lenorian était dépassée par les événements. Non pas qu’elle ne puisse se dépêtrer de cette situation quelque peu tendue, mais elle ne comprenait pas le changement dans l’attitude de l’homme. Il était passé d’un déni total de toute perspective d’accord commercial à une légère, toute légère mais bien existence possibilité.

L’essentiel était qu’il s’était calmé. Le souci, par contre, c’est ce qu’il lui demande. Réparer un mur, et puis quoi encore ? Chasser un éléphant sous l’emprise d’une plante aisikienne ? Hors de question qu’elle ne salisse ses délicates mains, qui avaient déjà souffert du voyage.

Elle leva les yeux au ciel en signe d’exaspération, mais il s’était déjà retourné.

— Si j’étais maçon je crois que vous seriez au courant. Elle reprit en grommelant à voix basse : il n’y a visiblement pas que les murs à qui il manque une planche, chez vous…

La marchande croisa les bras sur sa poitrine, refusant de bouger. Elle attendit mais savait déjà, seulement au bout de quelques heures à peine, que Nashoba était un Ijọbien plus que têtu.

Un sourire mauvais passa sur son visage et elle se mit à ricaner en son for intérieur. S’il se croyait si autoritaire, il apprendrait bien vite ce que « on est jamais mieux servi que par soi-même » veut dire.

S’éclaircissant la gorge comme pour lui laisser une dernière chance de revenir sur ses paroles, elle s’attela au travail. Elle entreprit d’abord de ramasser le bois de l’autre côté de la brèche, pour reboucher le trou. Avec quoi voulait-il qu’elle répare ça, par tous les dieux, il lui faudrait un miracle ou une intervention d’Imo pour que ça tienne.

Il voulait jouer à ça, le vieillard. La piéger, la voir renoncer. Mais Lenorian Olypa de renonce jamais.

Sur un arbre voisin, elle arracha des feuilles - on fait avec les moyens et les techniques du bord - et s’en servi pour caler le gros morceau de bois qui pendait de l’autre côté du mur. Pour faire tenir le tout, elle planta d’une de ses broches de sorte à maintenir liés la planche brisée et le reste du mur. Un travail de sauvage, en somme. Mais un sauvage riche.

C’était laid, ça ne tiendrait certainement pas face à un ouragan, ni fait ni à faire, mais ça avait le mérite d’être rebouché.

Elle finit par s’adresser, triomphante, à l’ermite, non sans une pointe de défi dans la voix :

— Alors, où en étions-nous ? Vous me disiez que vous languissiez d’accepter ma proposition, c’est ça ?

Lenorian renfila son masque de marchande, plaisantant à moitié.

— De quels matériaux avez-vous besoin ?  se souvint-elle.

Elle se rapprocha doucement de son interlocuteur et regarda par-dessus son épaule, pour essayer de voir ce qu’il était en train de fabriquer.

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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Mer 26 Déc - 22:00





Aussitôt qu’il sentit la présence de la marchande sur son épaule, il dissimula l’objet qu’il était en train de fabriquer dans sa grande main. Il ne lui ferait pas le plaisir de lui montrer tout de suite ce qu’il confectionnait. Il déduit de son discours qu’elle avait terminé… Ou alors qu’elle avait laché l’affaire ? Vu le temps qu’elle avait mis, c’était fort probable. Il était bien trop curieux de le savoir pour répondre aux questions de Lenorian. Il se leva, son travail toujours dans son poing, et alla examiner la brêche de plus près.

Celle-ci… Était rebouchée. Et assez proprement avec ça. Il avait même gagné une broche dans l’affaire. Bon, c’était assez rudimentaire, et ça méritait d’être consolidé mais ça avait le mérite d’être… original.
D'abord bluffé, l’homme fini par lâcher un rire.

« Ah ça ! On peut dire que vous êtes débrouillarde !  »



“Je m’étais peut-être trompé à votre sujet” fut à deux doigts de franchir sa bouche, mais un mur d’égo l’empêcha cruellement de passer. La petite phrase fut massacrée froidement, et toutes ses consœurs du même genre se cachèrent dans un coin de son crâne par peur de subir le même sort.

« Ceci dit, ça tiendra pas deux jours. M’enfin, je suppose que votre part du marché est rempli.   »



Est-ce qu’il allait accepter ? Nooooon. Il avait dit qu’il y RÉFLÉCHIRAIT. Mais il pouvait néanmoins répondre aux questions de la marchande.

« Si eventuellement -et j'insiste sur le éventuellement- j’accepte le marché, j’aurais besoin de teinture, de fruits que j’aimerais cultiver et également d’un bois assez rare qui pousse dans la région d’Izokan : le bois noir, Wengé.   »


Le bois en question était réputé pour être l’un des plus durs de l’île, mais semblait également être imputrescible. Il était assez dur à trouver, et ne poussait que dans la région de la marchande. Par manque de temps, mais surtout d’outils, Nashoba était incapable de s’en procurer lui-même. Et ce bois se vendait bien sûr, mais il ne devait y avoir que deux marchands qui en possédaient, sur des périodes parfois bien courtes, et le matériau se vendait évidemment à bon prix. Pourtant, c’était ce bois que désirait Nashoba, car il voyait bien que les murs de ses cabanes était fragiles. La catastrophe qui était intervenue un peu plus tôt en était la preuve.

C’est sur cette réflexion que l’homme sentit la fatigue abattre sa massue sur lui. Complètement calmé, il subissait le contrecoup de la journée et de ses propres émotions. Et son besoin de tranquillité n’en était que plus fort. Serrant toujours l’objet inachevé dans son poing, il se tourna vers la marchande, le visage beaucoup plus calme.

« Mais comme je vous ai dit, il est tard. Je vous propose donc un nouveau marché : on dort, et je vous répond demain.   »


La nuit portait conseil, comme on disait. Et vue les périples de la journée, il en avait plus que besoin. Il songea néanmoins au coup de colère qu’il avait eu, et à une certaine menace impliquant une analogie aux oies un peu plus tôt.

« Et promis, je ne vous déplumerai pas si vous êtes encore là à l’aube. C’était sous le coup du… de… M’enfin… …  »



Il acheva sa phrase ainsi, comme si ça allait de soit.






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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Jeu 17 Jan - 12:10

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
L'homme avait l’air déterminé à mettre des bâtons dans les roues de la marchande. Impossible pour elle de voir l’objet qu’il avait confectionné pendant qu’elle s’était improvisée charpentière en herbe. Elle pesta intérieurement, sans lui faire le plaisir de lui demander de bien vouloir lui montrer.

Quand il prit la parole pour commenter son œuvre, Lenorian ne sut déterminer s’il se fichait ouvertement d’elle et de ses maigres compétences en bricolage ou non. Au moins, elle avait fait ce qu’il lui avait demandé et, pour le moment, le tout tenait bon. En réalité, un petit coup de vent et s’en était fini de son raccommodage.

Lui donnait deux jours à la survie de la maigre construction, la marchande n’allait pas jusque-là et s’attendait à la voir tomber d’ici le lendemain matin.

— Avec ma broche, vous aurez de quoi vous procurer du bois et des outils pour reboucher correctement le trou. Elle soupira. Je suis vraiment désolée pour cet incident

Peut-être que si les deux adversaires commençaient par se détendre, les négociations pourraient être menées à bien. C’est en tous cas ce que pensait Lenorian, qui optait cette-fois pour des excuses sincères. Ils étaient quittes, à présent, quoi qu’entre les insultes, les sauvetages et les murs cassés, les comptes étaient bien difficiles à tenir.

La marchande savait où se trouvaient ses intérêts et une dispute nocturne avec cet entêté d’ermite ne la mènerait nulle part.

Elle se fendit d’un léger sourire lorsqu’il évoqua « l’éventuelle » possibilité d’accepter le marché qu’elle était venue lui proposer. Il lui parlait déjà de ce qu’il espérait en tirer, l’affaire était déjà presque conclue.

La jeune femme aussi réfléchissait aux propos de son interlocuteur. Il n’allait pas de main morte sur les négociations, sans même avoir accepté quoi que ce soit, ne demandant pas de coquillages, mais du matériel de qualité. La mine sérieuse, elle l’écoutait énumérer les ressources qu’il souhaitait en contrepartie.

— Cela me paraît beaucoup, rétorqua-t-elle avant de continuer en glissant son regard sur la main de l’homme serrant toujours l’objet de sa confection. Pour que j’accède à tout cela, il faudrait que je puisse juger de la qualité de vos ouvrages.

Et voir quels profits elle pourrait en tirer. Du reste, elle pourrait facilement utiliser son réseau de relations pour que l’homme ait facilement accès à ce qu’il demandait là. A nouveau, l’ermite prit la parole et l’enjoignit à retourner dans la cabane principale. Elle était bien d’accord avec lui et les voyait mal négocier l’esprit embrumé par la fatigue.

La dernière phrase de l’artisan lui arracha un sourire narquois. Il était même incapable de s’excuser de l’avoir menacé de mort ? Arranger un marché semblait bien compliqué, face à un tel caractère.

— J’espère bien, sinon vous regretterez amèrement que l’ours ne m’ait pas dévoré plus tôt.


Parce qu’elle était loin d’être une oie facile à déplumer. Elle s’occupait plutôt des pigeons.

Lenorian tourna les talons, laissant l’ermite à sa solitude.

A tâtons, elle retrouva son chemin avec un peu de mal, les acrobaties ne faisant plus partie de son quotidien depuis bien longtemps, et regagna la cabane.

Là, elle ne sut quoi faire. Loin de chez elle et de toute forme de vie, au milieu d’une forêt, l’ermite pouvait bien l’étriper que personne n’entendrait ses hurlements ou ne retrouverait son corps. La marchande ne pouvait s’empêcher d’être en proie à une profonde paranoïa dans ce genre de situation, la perte de contrôle sur les événements l’effrayant au plus haut point.

Elle s’assit sur le rebord de la cabane, près de l’endroit où se trouvait l’échelle, pour profiter, elle aussi, de la solitude. Qui plus est, elle verrait arriver l’ermite s’il s’avérait que les rumeurs les plus glauques à son sujet était fondées et n’hésiterait pas à choisir un sacrifice à Iseda qu’une mort atroce aux mains d’un malade.

L’esprit de Lenorian était comme ça, méfiant au plus haut point derrière ses moues innocentes. Et elle n’y pouvait rien, bien qu’elle commençait déjà à apprécier ses joutes verbales avec Nashoba.

Finalement, elle tourna en rond. Longtemps. Elle pensa à ses gains, à ceux de l’artisan, à ses requêtes. Le fait est qu’il avait parfaitement raison et qu’il leur faudrait établir un marché équitable à tête reposée.

La marchande, malgré sa réticence, finit donc par s’endormir sur une chaise, avant que les premières lueurs de l’aube ne pointent à l’horizon.

ft. Nashoba Octoahnacto


HRP:
 


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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Mar 22 Jan - 19:51





Et là, d’un coup, sans crier gare, la demoiselle…
S’excusa ?
C’était bien la dernière chose qu’il s’attendait à entendre de la part de la marchande. Ooooh, comme cette phrase sonnait doucement à ses oreilles. Hin hin hin ! Une victoire pour Nashoba.
Ce même Nashoba qui avait été à deux doigts de s’excuser lui-même. Qui n’avait d’ailleurs pas eu le courage de le faire.
Mais passons.

Elle enchaîna en lui indiquant qu’elle aurait besoin de voir la qualité de son travail, histoire de voir si cela en valait la peine.

“La petite maligne”,
pensa-t-il. Elle avait l’air bien intriguée par ce qu’il était en train de faire. Mais il ne lui laisserait pas ce plaisir… Pas tout de suite, en tout cas.
Et heureusement pour lui, elle n’insista pas. Elle préféra s’en aller dormir. C’était peut-être la décision la plus adulte qu’ils avaient pu prendre depuis le début de leur entrevue.
Enfin, ce fut tout du moins la décision de Lenorian. Nashoba, lui, préféra retourner à sa tâche avant de roupiller.

Tâche qui lui pris encore près de deux heures. Il sentait ses paupières lourdes, et ses yeux le piquer. Mais c’était là une sensation à laquelle il s’était habitué, ce qui justifiait qu’il pouvait avoir beaucoup de mal à dormir.

C’est donc après avoir poncé son ouvrage qu’il prit sa peau de bête, se posa sur le sol et s’endormit. Il avait beau être habitué à la vie rude, il avait tout de même fini par se faire à son lit, et oublier à quel point la dureté du sol pouvait être inconfortable. Il passa donc une nuit horrible qui ajouta un peu plus de douleur à son dos.

Quelques heures s’écoulèrent avant que le ciel ne s’éclaircisse. Il grogna. D'abord, parce qu’il avait mal au dos. Ensuite, parce qu’il se rendit compte rapidement qu’il n’était pas dans son lit… Et la raison pour laquelle il n’y était pas.

« Allez, on expédie la marchande, et je me fait de la poterie...   »



Il descendit lourdement, son dos lui faisant toujours aussi mal. Bon dieu, ça faisait déjà des années, mais il ne s'habituait toujours pas. Arrivé sur le sol de la cabane principale, il s’étira, avant que son regard ne se pose sur les carcasse d’oie.

Et merde. Il les avait laissées-là sous le coup de l’émotion, maintenant les mouches avaient pondu dedans ! A l’intérieur, ça avait dû proliférer dans tous les sens. Avec un soupir, il se saisit des carcasse, descendit de sa cabane avec sa machette et balança les carcasses un peu plus loin. Il ne voulait pas d’ennui avec les bêtes sauvages.

L’instant d’après, il revint et entra dans sa cabane. Là, il découvrir la marchande qui non seulement dormait encore, mais en plus, ne dormait même pas dans son lit ! S’il avait su ! M’enfin, ne pas s’énerver. Histoire de ne pas reproduire l’histoire de la veille et se sentir aussi con par la suite.

« Hé, la partisante d’Oruko. Voila la marchandise.    »


Il lui tendit sous le nez son travail d’une nuit. C’était un petit ours de la taille d’un pouce. Ses détails étaient fins, et tout son corps était parcouru de petite gravures stylisées. Une sorte de totem. Il pendait à un cordon de cuir que Nashoba avait lui-même fabriqué et tressé. C’était rare qu’il ai autant d’inspiration, aussi, il en était fier.






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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Mer 6 Fév - 11:56

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
La marchande avait entendu son hôte - malgré lui - descendre de la cabane, mais ce n’est pas pour autant qu’elle lui avait fait l’honneur de s’apprêter pour ce début de matinée. Elle ouvrit les yeux, constata que le soleil n’était pas bien haut dans le ciel, et les referma, sombrant dans un demi-sommeil dont sa nuque, douloureuse après une nuit passée à dormir assise, l’avait tirée.

Quand il pénétra dans l’abri de bois, Lenorian se fit violence pour ouvrir les yeux le plus rapidement possible. Tentative ratée de paraître au meilleur de sa condition, puisqu’elle se pris la lumière du jour en plein dans la rétine, pestant en son for intérieur contre le jour qui se levait à l’horizon. Elle se redressa rapidement en l’entendant prendre la parole, sans comprendre tout de suite ce qu’il lui disait, alors qu’elle lissait le tissu de ses habits.

Alors que la bénédiction d’Oruko sur les douces nuits paraissait être une insulte dans la bouche de son hôte, la marchande ne répliqua que d’un froncement de sourcils atterré, trop occupée à loucher sur la petite sculpture qu’il lui tendait.

Nashoba faisait un travail formidable, Lenorian ne pouvait que le reconnaître. Doucement, elle se saisit de l’objet de bois et l’observa sous toutes ses coutures. La réputation qui précédait l’ermite - en bon comme en mauvais cela dit - était donc justifiée. La délicatesse de la confection jurait pourtant complètement avec la grossièreté du personnage.

Déjà, la marchande imaginait ce qu’elle pourrait faire de ces artefacts à Isokan, mais pas seulement. Elle pourrait aisément obtenir qu’un ou plusieurs prêtres ne consacrent les pendentifs, pour en faire des amulettes de protection bien plus originales que les charmes sans originalité que l’on pouvait trouver dans les temples.

Les Dieux ne lui en voudraient pas de faire du profit sur leur dos, pour peu qu’elle continue à apporter son indéfectible foi au culte, cette question ne préoccupant nullement la jeune femme, qui savait qu’elle pourrait bénéficier du soutien de quelques religieux haut-placés.

— Je dois reconnaître que c’est du très bon travail, murmura-t-elle. En avez-vous d'autres ? A vous voir, l’on ne s’attend pas à observer une telle qualité dans votre travail.

Lenorian ne pouvait pas s’empêcher de railler légèrement son hôte, en bon adversaire. Après tout, ils avaient commencé leur marchandage au quart de tour, mais elle avait fini par le convaincre - moyennant retour - de négocier avec un suppôt de Kadara, une prouesse dont elle pourrait se vanter auprès de ses concurrents.

— Dois-je en déduire que vous acceptez de passer un accord ?

La marchande offrit à son interlocuteur un sourire léger signe d’une première victoire. Première, mais pas dernière, puisque leurs négociations ne faisait que commencer.

— Vous avez évoqué hier… commença-t-elle en s’asseyant à nouveaux en croisant les jambes, étirant ses omoplates pour détendre ses muscles endoloris, la possibilité d’un accord. Il me semble que vous parliez de fourniture en bois, teinture et… fruits ?

Maintenant que ses pensées était claires, certains points nécessitaient de lui être exposés de manière bien plus détaillée.

— Pourquoi des fruits ? Je veux dire, vous avez les pouces verts, soit, mais il suffit de vous rendre à Oluh ou encore au Delta pour acquérir des graines ou des fruits frais.

Du reste, s’il avait besoin de ressources pour fabriquer des articles d’une qualité encore supérieure, la marchande voulait bien investir pour lui, dans le but d’obtenir des profits bien supérieurs dans le futur. Et, qui sait, si cet homme pouvait sortir de son imagination des objets aussi originaux, il en viendrait peut-être à proposer sur le marché d’autres créations toutes aussi profitables à qui a l’œil pour repérer un potentiel filon. En ce cas, Lenorian bénéficierai de son partenariat pour proposer une association de plus à l’ermite.

S’il acceptait, elle aurait une longueur d’avance de plus sur les autres marchands, renforçant la qualité des produits qu’elle offrait elle-même à ses clients.
ft. Nashoba Octoahnacto


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In the moment when I truly understand my enemy, understand him well enough to defeat him, then in that very moment I also love him. And then, in that very moment when I love them... I destroy them. ⚡ Northern lights
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba]

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