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En quête de l'ermite [Ft. Nashoba]

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Nashoba Octoahnacto
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Sam 22 Sep - 18:08





Enfin, un peu de calme. Face aux affrontements verbaux qui venaient de se produire, il ne pouvait que savourer ce moment où seuls se faisaient entendre le bruits du bois qu'on taille et les cris des divers animaux nocturnes.

“Effectivement, vous êtes bien naïf, je pourrais mentir sur mon identité, jouer les faible face à l’ours pour mieux vous embobiner et, qui sait, vous assassiner, mais vous m’avez accueillie très facilement, malgré mon intrusion. Je vous croyais à la hauteur de votre réputation, voilà mon échec. Me voilà bien déçue, je n’imagine pas ce qu’il en est de vos compétences ! “

Il n’avait écouté que d’une oreille son discours, avant sa “fuite”, car il n’avait plus eu d’autre intention que de s’isoler. Y réagir aurait été à l’encontre de ce désir. En revanche, maintenant qu’il s’était détendu, il pouvait de nouveau y réfléchir sans risquer d’exploser.
C’était proprement vexant, mais, finit-il par se dire, n’était-ce pas mérité ? Il n’était pas idiot. Cette femme n’avait pas joué la comédie, face à l’ours. Ça se voyait comme le nez au milieu de la figure. Mais visiblement, l’un comme l’autre n’avaient pas lésiné sur la mauvaise foi. Nashoba assimila la demoiselle et lui-même à deux gamins se disputant pour une broutille. Son sang était encore chaud, mais il ne pouvait nier cela.

“Je ne prétends pas dire que l’argent et l’opulence rend heureux, cela dépend des personnes. Cependant vous ne me connaissez pas : j’ai un jour tout perdu, connu le manque total et la simplicité absolue de la vie. Je suis plus heureuse et épanouie aujourd’hui, mais cela dépend des personnes. Moi, à la différence de vous, je ne prétends pas convertir les autres à mon mode de vie, je suis « to-lé-ran-teu », articula-t-elle ironiquement, un mot que vous semblez ignorer, tout comme la politesse, asséna-t-elle verbalement avant de conclure : enfin, je vous serai grée de ne pas me sous-estimer, Nashoba Octoahnacto, ce serait un autre échec de votre part.”

Il s’arrêta un moment, réfléchissant. Sur le coup, il avait pris sur lui pour ne pas répondre (par une réplique cinglante ou un coup autrement fatal). Mais il fallait admettre que cela avait grandement blessé son ego. Il comprenait un peu mieux pourquoi, maintenant qu'il y réfléchissait à froid : elle avait raison pour la majorité et, lui, avait tort. Son sang s'échauffa quelque peu, et il se remit à tailler nerveusement. “Tolérante”, est-ce que c’était une qualité, d’abord ? Accepter que les gens se traînent comme des larves, c'était ça qu'il fallait faire ? Plus il y réfléchissait, moins il parvenait à avoir des arguments claires. Ce qu'il assimila bien, en revanche, c'était le caractère hautement irritant de se faire faire la moral par une telle peste. Et le pire, c'est qu'il ne pouvait pas la contredire : il s'était vraiment trompé sur son compte. Il continua de tailler le bois, cherchant à diminuer la tension de tout son corps.

Quelques minutes s'écoulèrent, et il se calma pour de bon. Son dos le lançait, mais comme à son habitude, il l’ignora. Il continua de tailler son bout de bois, qui adoptait maintenant une forme ronde, lisse et irrégulière. Il songeait toujours à la précédente et houleuse discussion. Au moins, il pouvait être fier de sa dernière réactions. Plutôt que d’alimenter ce débat sénile, il était parti le temps de se calmer. Si ce n’était pas une preuve de maturité ! Mais par tous les dieux, ce que ça avait été difficile ! Il n’était vraiment pas fait pour être avec des gens. Chaque conversation menait presque systématiquement à une petite contrariété si elle ne restait pas professionnelle et conforme la vision qu'il avait. Être courtois, polis, lèche-botte, ce n’était clairement pas fait pour lui. Aussi, qu’il parvienne à se détacher ainsi d’un conflit était pour lui une grande évolution. Il continua à tailler, perdu dans ses pensées. Comme le silence faisait du bien. Il allait avoir la nuit pour réfléchir et se remettre de ses émot-....

La porte s’ouvrit à la volée. Et merde … Cette gourde ne pouvait-elle pas lui laisser une seule seconde de tranquillité ?! Tout le recul qu’avait pris Nashoba s’effaça instantanément et ses épaules se tandîrent à nouveau. La voix de la demoiselle retentit dans sa cabane, un peu plus irritante à chaque mot qu'elle prenonçait.

Il se retourna vivement, hors de lui.

« Vous êtes pas possible vous !! J’dois faire quoi pour que vous me laissiez tranquille ne serait-ce qu’une petite heure ?!!!  »


Se calmer, se calmer ! Vite, vite ! Être mature… Être ...
Il avisa la brèche qu’avait creusé l’impact de la porte, reporta son regard sur elle, puis regarda de nouveau la brèche. Puis elle. Puis la brèche. Puis elle. Montée de colère. Il pointa la brèche du doigt.

« ET ÇA C’EST QUOI?!!! VOUS POURRIEZ FAIRE ATTENTION ! JE VOUS LOGE, BORDEL !  »







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Lenorian
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Ven 28 Sep - 16:35

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
La marchande essuya la première colère de l’homme sans mal, ni elle ni lui n’avaient encore constaté l’ampleur des dégâts, mais il était déjà proche de l’explosions, ses traits tirés par la colère et la tension.

— Je -

Elle s’interrompit en suivant le regard de l’ermite.

« Oups. »

C’est ce que pensa immédiatement Lenorian. Elle avait fait une grosse boulette, là, et n’était pas sûre de pouvoir s’en sortir par la simple parole. Croisant les bras dans le dos, comme si elle était innocente, elle détournait le regard de la brèche et de son énervé interlocuteur. Voilà qui n’allait pas arranger les négociations. Avec un sourire crispé sur le visage, elle osa regarder le propriétaire du cabanon. Elle aurait mieux fait de s’abstenir, on aurait dit un buffle croisé avec un hareng. Bouche-bée, il observait le résultat de la bêtise de la marchande avec une tension bien visible.

La marchande eut un instant peur qu’il ne la jette par-dessus la cabane pour la livrer à la forêt nocturne.

Plissant les yeux lorsqu’il s’emporta à nouveau, Lenorian ne savait pas vraiment quoi répondre à ça. Choisissant, la mauvaise foi, elle éclate d’un rire faux un peu trop aigu avant de reprendre un air sérieux en examinant la brèche dans le mur en silence.

— Ça, monsieur, c’est un trou dans un mur, affirma-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine tout en le prenant de haut. Vous y voyez mal, peut-être ? Par Ogbin que votre abri est fragile, il faudrait songer à le renforcer…

Puis ses yeux roulèrent dans leur orbite tandis qu’elle agitait la main comme pour dissiper la tension ambiante. Elle changea d'attitude, retroussant légèrement les commissures de ses lèvres en une mine conciliante.

— Allons, allons, vous savez bien que ce n’était pas volontaire.

S’éclaircissant la gorge, elle fait un pas vers l’homme furibond et ne le laissa pas le temps d’en placer une ; elle reprit donc rapidement :

— Pardonnez-moi, mais je me suis précipitée ici parce que je vous ai entendu travailler. J’ai toujours une offre à vous faire, et elle concerne votre art en vérité. J’ai eu vent de vos compétences, de ces petites choses de bois que vous créez, et je voudrais permettre à plus de gens d’Ijọba d’avoir accès à vos produits ouvragés.

Tendant à son tour un doigt vers son hôte, elle s’écrie presque, à court de souffle :

— En outre, je voudrais commercer vos créations, vous en auriez une part plus que raisonnable, sauf si vous refusez toujours les coquillages, bien sûr, ajouta-t-elle avec un sourire.

La marchande marqua une pause et baissa sa main.

— Je suis navrée de l’état de votre mur, mais je suis certaine que quelqu’un comme vous pourra réparer ça en un tour de main ! s’exclama-t-elle d’un air enjoué.

Lenorian n’osa pas lui proposer un dédommagement en coquillages, de peur qu’après l’avoir jeté du haut de la cabane il ne lui vide du gibier dessus, histoire d’attirer les prédateurs environnant. On n’est jamais trop prudent avec les reclus.

Elle voulait le mettre au pied du mur, mais risquait bien de se faire elle aussi piéger par ses propres bêtises. Elle attendit la réponse de son interlocuteur en le fixant droit dans les yeux d’un air décidé. Elle remporterait à tous prix cette guerre puérile.
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Ven 19 Oct - 23:43





La demoiselle éclata de rire, ce qui eut l’effet de faire gonfler l’intégralité de ses veines au niveau de la tête de Nashoba. Elle décida d’ailleurs que ce n’était pas suffisant, et renchérit avec une petite pique concernant ses potentiels problèmes de vue, et la fragilité de son abri. L’ermite vit rouge. Rouge qui était, d’ailleurs, tout à fait visible sur l’intégralité de son visage.
Son abri était PARFAIT. C’était elle, cette courge, qui avait trop forcé sur la porte !!! La délicatesse n’était-elle pas censée être l’apanage des femmes ? Ou alors celle-ci descendait-elle non pas de la femme mais de l'éléphant ?!

Seulement ladite éléphante désamorça la situation en montrant que non seulement, ses précédents dires n’était qu’une simple touche d’humour, et de plus, qu’elle était désolée. L’égo de Nashoba descendit donc d’un étage, et son teint rouge vira vers le rose. Elle lui expliqua ensuite pourquoi elle avait défoncé son mur, ce qui expédie l'ego au rez-de-chaussée, et le rose, vers une teinte plus rose du tout.

Elle parla… Beaucoup…
Bizarrement, cette fois, il ne se sentit pas irrité par la proposition. Pire, il commençait à être intéressé. Peut-être était-ce leur dernière altercation qui l’avait convaincu que Lenorian était un poil plus méritante qu’il ne l’avait cru. (Même s’il prenait soin d’oublier qu’il l’avait définitivement mal jugée). Ou peut-être encore était-ce l’acharnement de la marchande qui témoignait au moins d’une volonté indéniable ? No se.
Par contre, elle n’allait pas s’en sortir si facilement ! Peut-être- et il insistait bien sur le PEUT-ÊTRE- qu’il accepterait ce marché. Mais il refusait de le faire sans conditions.

« Je suis en effet à-même de réparer ça, mais je refuse de réparer VOS conneries. Vous réglez ça de vos propres mains, et là, peut-être que je réflechirai à votre proposition.  »


Il se retourna et reprit son travail de sculpture.

« Ceci dit, je ne serais pas contre quelques coquillages. De plus, il y a des matériaux à Isokan qui me seraient bien utiles de faire importer ici.   »


Son petit bout de bois commençait à prendre doucement forme. Pour l’instant, cela collait assez bien à l’image mentale qu’il avait constituée.

« M’enfin, il est tard, et les trous dans les murs, ça m’empêche de réfléchir.   »





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Lenorian
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Sam 27 Oct - 1:16

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
Lenorian était dépassée par les événements. Non pas qu’elle ne puisse se dépêtrer de cette situation quelque peu tendue, mais elle ne comprenait pas le changement dans l’attitude de l’homme. Il était passé d’un déni total de toute perspective d’accord commercial à une légère, toute légère mais bien existence possibilité.

L’essentiel était qu’il s’était calmé. Le souci, par contre, c’est ce qu’il lui demande. Réparer un mur, et puis quoi encore ? Chasser un éléphant sous l’emprise d’une plante aisikienne ? Hors de question qu’elle ne salisse ses délicates mains, qui avaient déjà souffert du voyage.

Elle leva les yeux au ciel en signe d’exaspération, mais il s’était déjà retourné.

— Si j’étais maçon je crois que vous seriez au courant. Elle reprit en grommelant à voix basse : il n’y a visiblement pas que les murs à qui il manque une planche, chez vous…

La marchande croisa les bras sur sa poitrine, refusant de bouger. Elle attendit mais savait déjà, seulement au bout de quelques heures à peine, que Nashoba était un Ijọbien plus que têtu.

Un sourire mauvais passa sur son visage et elle se mit à ricaner en son for intérieur. S’il se croyait si autoritaire, il apprendrait bien vite ce que « on est jamais mieux servi que par soi-même » veut dire.

S’éclaircissant la gorge comme pour lui laisser une dernière chance de revenir sur ses paroles, elle s’attela au travail. Elle entreprit d’abord de ramasser le bois de l’autre côté de la brèche, pour reboucher le trou. Avec quoi voulait-il qu’elle répare ça, par tous les dieux, il lui faudrait un miracle ou une intervention d’Imo pour que ça tienne.

Il voulait jouer à ça, le vieillard. La piéger, la voir renoncer. Mais Lenorian Olypa de renonce jamais.

Sur un arbre voisin, elle arracha des feuilles - on fait avec les moyens et les techniques du bord - et s’en servi pour caler le gros morceau de bois qui pendait de l’autre côté du mur. Pour faire tenir le tout, elle planta d’une de ses broches de sorte à maintenir liés la planche brisée et le reste du mur. Un travail de sauvage, en somme. Mais un sauvage riche.

C’était laid, ça ne tiendrait certainement pas face à un ouragan, ni fait ni à faire, mais ça avait le mérite d’être rebouché.

Elle finit par s’adresser, triomphante, à l’ermite, non sans une pointe de défi dans la voix :

— Alors, où en étions-nous ? Vous me disiez que vous languissiez d’accepter ma proposition, c’est ça ?

Lenorian renfila son masque de marchande, plaisantant à moitié.

— De quels matériaux avez-vous besoin ?  se souvint-elle.

Elle se rapprocha doucement de son interlocuteur et regarda par-dessus son épaule, pour essayer de voir ce qu’il était en train de fabriquer.

ft. Nashoba Octoahnacto


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