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En quête de l'ermite [Ft. Nashoba]

Lenorian
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En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Mar 12 Juin - 2:16

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
C’est à grands pas que Lenorian évolue dans la forêt bordant Oluh. Peu habituée aux sorties champêtres, encore moins lorsqu’elles impliquaient une possible mort soudaine, sortie d’un buisson, et une solitude éprouvante. Mais son objectif était là, quelque part dans ces bois, bien à l’abri sous le couvert des arbres, alors elle se devait de se rappeler ses années de formation et d'entraînement pour les mettre à profit.

Pourquoi tant d’effort, de la part d’une marchande qui ne semble capable que de tâches mentales et que l’on associe à Isokan et à sa boutique ? Pour le commerce, bien sûr. Et pour la jeune femme, les raisons du commerce sont toujours les plus fortes. Quelque jours auparavant, elle avait reçu la visite de l’une de ses habituée, qui portait un collier en bois taillé de la plus exquise des manière. Le détail du travail était si délicat que Lenorian l’avait d’abord associé à celui d’une femme. Alors quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’elle apprit que l’artisan qui avait sculpté la matière n’était autre qu’un homme reclu dans les bois proches d’Oluh. Lorsqu’elle s’informa auprès des habitants d’Isokan et des passants, on l’avertit qu’elle ne pourrait certainement rien tirer de celui que l’on appelait “l’ermite”. Mais la marchande était toujours prête à tout, surtout si elle pouvait apporter une once de nouveauté à ses marchandises. Et puis, elle ne refusait pas un bon défi.

Son but était de trouver le dénommé Nashoba Octoahnacto , pour le convaincre de faire affaire avec elle. Et ce ne serait visiblement pas une partie de plaisir, puisqu’il lui faudrait avant tout le trouver. Mais elle était déterminée, comme à son habitude, même si le nom de l’homme lui semblait familier, et qu’elle ne pouvait pas mettre la main sur l’origine de cette impression.

C’est donc dans cet état d’esprit que Lenorian parti de sa ville avec un bon paquet de coquillages en poche pour rejoindre Oluh. Elle n’aimait pas particulièrement ce village, qui lui rappelait trop de mauvais souvenirs, et la remettait à sa place. Elle aurait pu faire partie de la classe dirigeante d’Ijọba, mais avait dû renoncer à cette ambition, et s’en mordait encore les doigts. Bien sûr, elle n’était pas mal lotie à Isokan, où elle s’en sortait même très bien. Le pire pour elle était de devoir sourire aux gens les plus hypocrites de toute l’île, mais elle s’y efforçait.

Retrouver les bois dans lesquels elle s’était jadis entraînée fut donc un véritablement soulagement pour la jeune femme. Cela lui évitait de rester trop longtemps au sein d’Oluh. Elle s’était préparée en conséquence, et même si un assistant robuste l’avait accompagnée jusqu’au village, elle avait choisi de poursuivre sa quête seule. C’est donc parée d’un équipement de cuir noir et d’une longue dague qu’elle se faufilait entre les arbres dans la direction qu’on lui avait indiquée. Mais les repères étaient maigres, dans l’épaisse forêt, et elle se retrouva au même endroit à plusieurs reprises, désespérant de tourner en rond. Elle vida la presque totalité de sa gourde avant même d’avoir trouvé la cabane de l’homme à tout faire que semblait être l’ermite. Petit à petit, ses réflexes refaisaient surface, mais Lenorian était loin d’être parfaite, et ne faisait plus d’escapades intrépides depuis belle lurette.

Elle fit donc plusieurs pauses, au milieu de son aventure, et lamenta par la même occasion l’état dans lequel s’étaient retrouvés ses beaux tissus de toile, aux endroits que le cuir ne recouvrait pas. Il faut dire que si l’esthétique est sensée passer au second plan, c’est bien elle qui prime dans le cas présent aux yeux de la marchande – et puis cela lui permet de faire de la publicité pour ses tissus – qui s’embarasse de large manches et de quelques perles dorées dans les cheveux, qu’elle a cette fois-ci ramenés en une tresse haute. Ses gestes sont donc maladroits, son assurance habituelle étant remplacée par une inquiétude croissante : où étaient passés ses entraînements passés, ses réflexes ? Cela la désolait de constater qu’elle avait presque tout perdu de ces années de formation, alors qu’elle s’y était appliquée comme une acharnées.

L’inespéré se produisit cependant : la marchande tomba sur la maison du fameux Nashoba. On le disait acariâtre et irritant, mais il avait le mérite de vivre indépendamment de manière plus que décente. Elle faillit d’ailleurs marcher au milieu des cultures de l’ermite, sur lesquelles elle loucha. On ne lui avait donc pas menti : il pouvait aussi bien jardiner que tailler les plus fins objets.

Pour éviter de surprendre l’homme, elle cria à quelque mètres de la maisonnée :

— Il y a quelqu’un ? Je cherche Nashoba Octoahnacto !

Elle s’éclaircit la gorge et attendit patiemment qu’on lui réponde. Une chose était sûre : elle ne partirait pas sans avoir parlé à l’ermite, après tout ce chemin.


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Nashoba Octoahnacto
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Sam 16 Juin - 12:23







Ce jour là, Nashoba alla chasser. Ses réserves de nourriture s'amenuisaient, et ramener un petit gibier ne serait pas de trop. En vue d’un nouveau système d’irrigation qu’il désirait essayer sur ses plans, il ne pouvait se permettre de passer trop de temps à traquer une grosse proie. Un lapin, ou un oiseau ferait l’affaire. Il se mit donc en chasse une heure après que le soleil n’ait dépassé l’horizon, son arc à la main.

Il parcourut la forêt trente minutes durant, s’approchant du lac près d’Oluh. Il avait entendu, la veille, le cri caractéristique des oies migratrices dans le ciel. Celles-ci devaient s’être posées près du lac, car les oies bâtissaient toujours leurs nids aux alentours de zones humides. Doucement, surveillant du coin de l’oeil qu’une bête sauvage ne se jetait pas sur lui, il progressa à pas de loup dans cette forêt qu’il connaissait presque par coeur. Enfin, quand il arriva au lac, il tira doucement une flèche de son carquois et l’encocha sur la corde de son arc. Son intuition ne l’avait pas trompé, il y avait bien des oies sur la berge. Satisfait, un sourire s’esquissant sur ses lèvres, il arma son arc. Puis l’instant d’après, la flèche se fichait dans une des oies, ses consoeurs fuyant autour d’elle, paniquées. La pauvre bête qui avait été touchée convulsa quelques instants, avant de rendre son dernier soupir.

Le chasseur s’agenouilla près d’elle et retira la flèche. Puis il fixa un moment les yeux vitreux de l’animal.


« Merci pour ta chair et ta vie. Que les dieux me pardonnent de te les ôter. »


Puis il attacha les pâtes du cadavre avec une corde, et la hissa sur son épaule. Ce rituel qu’il venait d’effectuer prenait place à la mort de chacune de ses proies. C’était une tradition ancrée en lui, héritée de son maître de chasse, et l’unique habitude religieuse qu’il avait prise. Plus que de remercier les dieux, il rendait hommage à l’animal, car il avait certainement plus de respect pour ces créatures luttant pour leurs survie que pour ces divinités que tous vénéraient mais dont il ne voyait nulle trace. Non pas qu’elles n’existaient pas, il se doutait que derrière chaque chose se cachait une entité divine. Mais il refusait d’admettre que sa vie et celles des autres ne tenaient qu’à cela. Il croyait au libre arbitre de toute chose, et au mérite quand il s’agissait de devenir un être meilleur. Abîmé dans ses pensées, mais toujours alerte, il fut surpris de voir que deux des oies qui avaient pris la fuite se tenaient une dizaine de mètre devant lui.


Trente minutes plus tard, deux oiseaux morts sur l’épaule, l’homme arriva enfin à proximité de sa demeure. Nashoba était toujours aux aguets et se préparait constamment à beaucoup de choses : qu’un ours lui tombe dessus, qu’un jaguar le prenne en chasse, qu’un serpent le morde, qu’un fruit lui tombe sur la tête à la rigueur. Mais qu’une voix de femme retentisse du côté de son antre, ça, il ne s’y attendait pas. Mais ce ne fut pas l’unique chose alarmante. A deux pas de lui se trouvaient une série de traces fraîches. Des traces larges, où l’on devinait le passages de grosses griffes.

« Misère... »
soupira l’homme, et il se mit à courir vers sa cabane, tentant de faire le moins de bruit possible.


Sans surprise, il découvrit devant son arbre une femme et, à une dizaine de mètres d’elle, dans son dos, un ours brun. Ceux-ci n’étaient pas rares, aux alentours de sa cabane, et il avait dû poser divers pièges sur le tronc pour empêcher les bêtes d’y monter. Les dames en revanche, étaient une espèce moins courantes dans cette partie de la forêt.

Se saisissant d’une masse qu’il avait à sa ceinture ainsi que d’une gourde faîte de peau, il s’approcha doucement de la femme, parlant d’une voix douce, mais ferme.

«  Ne faîtes plus un geste. Restez calme. Ne le regardez pas dans les yeux.   »


L’ours s’était dressé sur ses pattes arrière, humant l’air et les jaugeant de ses yeux sombres. A en juger par ses oreilles droite et son expression, il ne semblait pas agressif, mais il fallait se montrer prudent. Évitant soigneusement de croiser son regard, Nashoba commença à reculer doucement, passant tranquillement un bras devant la demoiselle pour l’inciter à en faire de même.

Seulement ce que le chasseur redoutait se produisit, l’ours commença à se rapprocher d'eux malgré la distance que le chasseur avait instaurée. Les carcasses qui gisaient sur l’épaule de Nashoba l’intriguaient surement plus qu’il ne craignait ces deux êtres bipèdes devant lui. Alors, sans attendre, le chasseur écarta les bras et poussa un puissant cri, faisant tomber les deux cadavres d’oiseaux. Puis il sortit le capuchon de la gourde à l’aide de ses dents et en expulsa le contenu près du museau de la bête, criant toujours. Celui-ci secoua la tête et fuit sans demander son reste.

Nashoba attendit un moment que l’ours disparaisse dans la forêt dense avant de se saisir de ses proies au sol et de s’approcher de l’arbre où sa cabane se trouvait. Sans une once d’hésitation, car ayant répété ce geste des déluges durant, il passa sa main dans un trou et y chercha quelque chose. Un déclic retentit, et une échelle de cordages se déroula du haut de sa cabane jusqu’au sol. Ce mécanisme, il l’avait créé il y avait de cela deux déluges afin d'éviter que les animaux ne grimpent. Il avait également dû élaborer d’autres pièges afin que ces derniers ne grimpent ni au tronc, ni ne puissent accéder à la cabane d’un arbre adjacent. Évidemment, certaines choses restaient à améliorer, mais cela lui offrait déjà une protection suffisante pour qu’il puisse dormir sereinement la nuit. Regardant l’échelle qui venait d’être rendue accessible, il passa devant la femme sans lui accorder un regard. Par précaution, il aurait pu diriger sa masse vers elle afin de s’assurer que ses intentions n’étaient pas hostiles. Mais la tenue de la dame, son cri d’appel à son égard quelques minutes plus tôt et son inaptitude à détecter la présence d’un ours lui indiquait avec une certaine certitude qu’elle ne présentait pas un danger pour lui. Il se contenta donc de l’ignorer superbement et d’escalader l’échelle.




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Lenorian
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Ven 22 Juin - 13:24

« Un marchandage aux airs d'Odyssée »
Un soupir de soulagement s’échappa de la bouche de Lenorian lorsqu’elle constata qu’elle n’avait pas fait tout ce chemin pour rien : l’ermite si célèbre justement pour sa solitude vivait bien ici, ou alors la forêt d’Alafia était peuplée d’hommes solitaires. Normalement, pas à la connaissance de la marchande, qui allait faire un pas vers le nouvel arrivant, qui s’approchait d’elle, lorsqu’elle croisa son regard. Elle en fut paralysée, interrompant tout mouvement, son impression renforcée par le geste de l’homme vers sa ceinture et la masse qui y était attachée. Elle pesta, comprenant que derrière elle se trouvait certainement un invité indésirable. Blafarde, elle acquiesça d’un très léger signe de la tête aux paroles soufflées par son interlocuteur.

Se retournant lentement, elle constata la présence d’un ours brun, et son visage d’ordinaire si assuré se décomposa de plus belle.  Intérieurement, elle pesta contre elle-même : les signes annonciateurs de la présence d’un prédateur avaient dû lui échapper. La marchande se trouvait ridicule par son imprudence, et priait les deux de la laisser vivre et prospérer encore quelques années, en se mordant la lèvre pour garder les pieds sur terre. Soyons honnêtes, elle était terrorisée, et la présence de l’ermite à côté d’elle ne la rassurait pas plus que ça : il avait l’air d’un vieux crouton, avec ses joues creusées, et elle trouvait plus envisageable d’un point de vue stratégique de le jeter sur l’ours pour se sauver plutôt que de compter sur lui pour la sauver de cette situation délicate.

L’ours se dressa sur ses pattes, et Lenorian baissa le regard vers le sol en attendant la suite. Le silence était pesant, et seulement interrompu par le souffle de l’ours, qui semblait humer la chair fraiche. Mais lorsque le bras de l’homme se leva devant-elle, elle lui fit les gros yeux, n’appréciant pas de se faire guider sa conduite. Néanmoins, imprudente mais pas pour autant inconsciente, elle obtempéra sans un mot, et recula au même rythme que lui. La jeune femme constata alors la présence de gibier sur l’épaule du chasseur et pesta contre lui. Finalement ce n’était peut-être pas uniquement de sa faute s’ils en étaient là.

Mais l’ours semblait décidé à ne pas les laisser tranquilles et s’approcha d’eux. Cette fois, la marchande se mordit les deux joues pour ne pas crier de peur. Hurler, c’est d’ailleurs ce que fit l’ermite, faisant sursauter de surprise la marchande, qui manqua de faire une crise cardiaque. D’un geste sec, il écarta les bras pour se débarrasser des cadavres, et envoya le contenu de sa gourde sur l’ours, sans interrompre son cri. Des oiseaux se joignirent à lui en s’envolant vers un endroit plus calme.

Stupéfaite par la scène, Lenorian haussa un sourcil étonné en regardant l’ours s’éloigner. Il avait fui « ça » ? Non pas qu’elle en soit mécontente, elle avait besoin de l’ermite en vie pour son commerce, mais elle n’aurait jamais imaginé un prédateur de la stature d’un ours détaler devant un vieillard hystérique. La scène avait un côté risible, quelque part. Les deux humains le regardèrent s’enfoncer sous le couvert de la forêt sans un bruit. Après le hurlement de son compagnon, le silence s’était fait.

Encore sous le choc, Lenorian ne bougea pas lorsque l’homme s’éloigna en passant devant elle, et resta un moment-là, à fixer la forêt. Comment était-elle arrivée jusqu’ici en vie et sans avoir croisé le moindre animal ? Elle n’en avait aucune idée, à ce stade, cela tenait du miracle. Elle remercia les dieux et tourna la tête vers l’arbre qui abritait la cabane de son sauveur, après avoir entendu quelque chose tomber. Une échelle en corde était maintenant présente le long du tronc, alors que la jeune femme aurait juré qu’il n’y en avait pas auparavant. S’agissait-il donc d’un système mécanique ? Elle fronça les sourcils. On lui avait assuré que l’ermite était ingénieux, et il était visiblement à la hauteur de sa réputation.

La marchande eut un sourire crispé en constatant cependant qu’il l’avait ignoré. Il avait déjà regagné sa cahute suspendue qu’elle était encore au sol. Peu rassurée par la scène précédente, elle attendit un moment qu’il ne l’invite à le rejoindre. Elle jeta un regard noir vers l’entrée de la cabane, quelques mètres plus haut, et tapa du pied au sol. Lenorian hésitait : soit elle agissait par fierté et attendait là qu’il ne daigne s’intéresser à elle, soit, par la même fierté, elle s’imposait dans sa demeure spartiate. L’un et l’autre cas lui convenait, mais le premier représentait un danger plus grand, et la marchande n’était pas venue ici pour mourir.

Elle poussa un soupir et escalada l’échelle à son tour, avec une rapidité motivée par la peur. On le disait distant, elle était réputée pour sa ténacité, et n’avait pas dit son dernier mot, les raisons du commerce, pour elle, l’emportant toujours sur les réserves qui animent généralement les autres personnes.

Lenorian ne se hissa pas de suite sur le sol de la cabane, et y jeta un coup d’œil discret, en poussant doucement la porte de bois. Si sa villa à Isokan était la démonstration même de sa richesse et de sa réussite, la maison de l’ermite était l’exact opposé : humblement meublée, l’on sentait qu’il ne s’embarrassait pas des détails.

— Bonjour, reprit-elle avant d’entrer véritablement, vous êtes Nashoba ?

Elle le chercha du regard en reprenant son souffle, avant de continuer.

— Je suis Lenorian Olypa, marchande d’Isokan. Elle marqua une pause et afficha un air déterminé, son sourire de commerçante s'étirant sur ses lèvres. Je viens vous proposer un marché.

Restait à voir comment l’ermite réagirait à cela : la jetterait-il du haut de l’arbre, la renverrait-il poliment ou accepterait-il d’un savoir plus sur cette affaire ? Pour une fois, la marchande était incapable de prévoir quoi que ce soit.
ft. Nashoba Octoahnacto


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Nashoba Octoahnacto
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Re: En quête de l'ermite [Ft. Nashoba] Jeu 5 Juil - 15:55





C’était la première fois que quelqu’un s’aventurait jusqu’à sa cabane. Quelqu’un d’autre que ses plus proches amis. D’ordinaire, c’étaient eux qui l’avertissaient quand quelqu’un avait besoin de ses compétences, à Oluh. Ou alors, certains venaient le trouver quand le chasseur venait en ville. Mais personne ne s’était risqué à traverser ainsi la forêt juste pour un service. Cette dame devait donc ou lui vouloir autre chose, ou désirer ardemment qu’il l’aide. Dans le premier cas, cela l’embêtait fortement.Mais qu’une ou l’autre des deux options soit avérée ne changeait rien à ce qu’il pensait de cette femme : Elle avait été complètement inconsciente de s’aventurer ainsi dans cette forêt et avait tout intérêt à avoir une bonne raison de le déranger. Si ce n’était pas le cas, alors elle s’en irait en voyant qu’il l’ignorait complètement. Et sinon, il avait déjà son avis sur la question.

Sans plus se soucier de la dame, il déposa les carcasses sur la seule table de son antre et alla chercher son matériel. L’intérieur de la cabane n’était constituée que de trois meubles : un grossier coffre, une table et un lit, tous trois taillés dans le bois. Le mur en face de l’entrée était en fait le tronc même de l’arbre. Un soupçon de soleil passait par un large trou, dans le mur gauche, ce qui rendait l’intérieur assez sombre. Il ne fut donc pas difficile de détecter l’entrée de la femme, car celle-ci amena avec elle la lumière du soleil qui inonda la pièce. Une tension se propagea dans le dos noueux de Nashoba. Il détestait qu’on pénètre dans son espace personnel sans qu’on n’y soit invité. Il ne répondit donc pas, et se saisit sans la regarder d’un couteau aiguisé. Puis, ignorant les présentations de la dame, ainsi que sa proposition, il se saisit des carcasses et sortit de la cabane.

Cette dernière reposait sur une plateforme assez grande, où étaient étendus des filets de pêche et des peaux tannées. Sur le côté droit de la cabane se trouvait un tabouret ainsi qu'une autre table rougie par d’innombrables flaques de sang. C’est là que le chasseur déposa ses carcasses. A côté de lui, sur le tronc, avait été construite une échelle qui menait à une autre plateforme encadrée par des rambardes, un peu plus haut. S’en s’y arrêter elle continuait encore quelques mètres pour finir sur une nouvelle plateforme, soutenant cette fois une cabane plus petite que la première et cachée par quelques branches épaisses. Construire ce refuge lui avait pris des années. Et il ne comptait pas s’arrêter là.

 Toujours impassible, il s’assit lourdement sur le tabouret, grogna un peu en sentant une douleur se propager dans son dos et commença à déplumer une première carcasse. Il attendit que la marchande le rejoigne, et même plus longtemps encore pour finalement lui répondre :

«   C’est non.  »

Vu comment la dame était richement vêtue, ce devait encore être une marchande fortunée qui venait lui faire un caprice. Il en avait vu d’autres : Des hommes qui lui demandaient de leur tuer des oiseaux beaux et rares pour leur collections de plumes. De jeunes femmes paresseuses et croulant sous les bijoux qui en désiraient un peu plus pour briller d’avantage. Les gens comme ça l’écœuraient. Des individus qui, non satisfaits de leur vie où ils ne devaient plus faire aucun effort, demandaient en plus aux autres de leur donner d’avantage.

«  Je n’aide que deux types de personnes: celles qui en ont vraiment besoin et celles qui le mérite. Vous pouvez rentrer chez vous, Lenorian d’Isokan.  »

C’était hors de question qu’il en fussent autrement. Même pour tout l’argent du monde, Nashoba refusait d’aider les individus à se complaire dans leur fortune. Il n’aiderait pas cette femme car elle était comme les autres : Paresseuse. Sans mérite.

Même si elle était venue d’Isokan juste pour lui.

Même si elle avait traversé une forêt entière pour le trouver...





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